Sean KHZA, artiste des 24 heures du Droit

Dans le cadre de l’exposition des « Costumes « à la mode » juridique », vous avez peut-être fait la connaissance de l’artiste new-yorkais Sean Khza.Voici une courte présentation biographique de l’homme et quelques informations sur l’oeuvre qui a inspiré la création intégrée à ladite exposition.

De sang irlandais mais de cœur new-yorkais, Sean Khza a vu le jour le 22 mai 1976 à Dublin. Le 22 décembre suivant, fut célébré son baptême à la  St. Patrick’s Cathedral de New-York sur la 05e avenue où sa mère était en mission aux Nations Unies en tant consultante. De père diplomate, les voyages autour du monde ont bercé sa vie depuis sa tendre enfance. C’est donc naturellement à New-York qu’il a posé ses bagages, ville aux mille couleurs ethniques.

Hell’s Kitchen, Manhattan, au coin de la 10e et de la 34e rue, se trouve l’atelier du prodige. Mais ne vous attendez pas à l’y rencontrer, Sean passe le plus clair de son temps à marcher dans les rues de la ville debout. Des couleurs et senteurs de Little Italy, au calme de Green village en passant par la beauté de Central Park, la grosse pomme regorge d’inspirations et d’émerveillements pour cet artiste de génie.

Sean est un enfant du monde. Grâce au travail de son père, il eut l’occasion dès son plus jeune âge de voyager à travers le globe, passant des gratte-ciel(s) new-yorkais au Taj Mahal en Inde. Fasciné par le costume de professeur de Droit de sa mère, il se mit à cœur de trouver lors de chacun de ses voyages, des étoffes, des accessoires qui lui inspireraient plus tard certaines de ses plus grandes œuvres. Pour son entrée au collège, les parents de Sean décidèrent de l’inscrire au collège privé de Saint-Louis de Gonzague (Paris 16e) pour qu’il suive une scolarité prestigieuse, laissant les voyages avec son père aux vacances. Cependant, Sean ne voulait pas suivre cette voie imposée et n’avait de réel intérêt à se rendre en cours que pour les arts.

La vocation artistique de Sean est née dans un Opéra. Plus particulièrement à l’Opéra de la Monnaie (Bruxelles) où son père l’emmena assister à une représentation de Madame Butterfly (Puccini) pour son seizième anniversaire. Là, devant une Cio-Cio-San qui s’époumonait, il eut une révélation : le nœud papillon qu’il portait justement ce jour-là se devait – tel Butterfly – de s’envoler, de se dégager, de se transformer. Il n’était encore que chenille et comprit que sa liberté tiendrait à ce même papillon ; raison pour laquelle le travail sur les étoffes (comme les épitoges) est chez lui fondamental. « C’est le vêtement qui libère l’homme » exprime Sean en ce sens (in Dits et cousus de fils d’Or ; Genève ; 2004). Le lendemain, Sean décidait de ne travailler que pour les arts graphiques et y consacre encore aujourd’hui sa vie.

Et la chenille devint papillon !

Lancé sur la voie de l’expression artistique, Sean n’a cessé d’émerveiller son public. Depuis le début des années 2000, l’auteur de « L’éloge de l’épitoge », « épitoge mon amour » ou encore de « l’épitoge dans tous ses états » expose dans les plus grandes galeries internationales. On l’a vu à New-York sa terre d’élection, à Londres, à Paris, Berlin, Rome, Moscou, Sidney ou même Oslo.

 

L’étonnant personnage aime également présenter ses œuvres dans des endroits insolites, tel que le métro de New-York, les catacombes parisiennes ou le temple d’Angkor Vat au Cambodge. Mis à l’honneur par Graffiti Art Magazine et par Time, Sean Kzha a notamment été porté aux nues en 2003 par la FIAC (Foire Internationale de l’Art Contemporain), lorsque chacun découvrait avec exhalation le talent incroyable de cet artiste aussi touchant qu’original.

Depuis lors, il poursuit l’extension de son œuvre au gré de ses nombreux voyages, à la découverte des costumes et des matières de chaque pays qu’il visite. De tout séjour qu’il effectue, il rapporte de nouvelles étoffes et de nouvelles idées, pour mettre notamment en lumière ces drôles d’écharpes qui le fascinent tant. A l’aune de son imagination, fleurissent les épitoges sous toutes les formes et dans toutes les positions. Entre son atelier de Manhattan et ses nombreuses demeures dans des contrées insoupçonnées, l’artiste puise toute la ressource pour réinventer chaque jour l’épitoge. Farceur et insaisissable, Sean Kzha ne cesse de nous surprendre.

C’est dit-il en pensant à sa mère qui était universitaire en France que l’artiste a eu une révélation alors qu’il dégustait, à Paris sur l’île de la Cité, une tarte aux poires Bourdaloue.

Il a alors décidé de styliser en ce qu’il a appelé un « arbre à épitoges«  ou « arbre de l’interdisciplinatité«  ce qui est pour lui l’Université du XXIème siècle : un ensemble résolument moderne (d’où l’emploi du porte-manteaux ou « porte-mantaux » (sic) élancé vers l’avenir et donc vers le ciel infini) mais auquel on a accroché, sur « les branches de la connaissance » des épitoges témoignages de la diversité et de l’ancienne Université et de ses traditions.

En outre, les épitoges ici entremêlées rappellent au visiteur la démarche désirée d’interdisciplinarité puisque se confondent en entrelacs le Droit, les lettres d’hier et d’aujourd’hui mais aussi la médecine et les sciences. On relèvera également « l’oeil rectoral de la « tutelle » étatique » ici également représenté – tel un spectre – par le biais de ces queues d’hermines que Sean Khza qualifie « d’yeux de l’Etat« .

L’installation a été présentée à New-York (2006) et à Tokyo ainsi qu’à Paris (2007).

L’artiste a accepté que son concept soit ici réutilisé en hommage(s).

 

« C’est du Soan Khza, c’est certain ma chériiiiie,
il est trop au taquet ! C’est magnifiiiique
 !
 »

Cristina Cordula face à « l’arbre à épitoges ».

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